Fuerteventura avec une poussette : le sable, les passerelles et la question à poser avant de réserver
Mis à jour 6 septembre 2026 · 8 min de lecture
Qu’une poussette soit à Fuerteventura un outil ou un meuble encombrant ne dépend pas du modèle, mais du sol. L’île est faite en grande partie de sable qui se déplace. Entre ces étendues se trouvent des localités dotées de promenades construites d’un seul tenant, sur lesquelles vous pouvez pousser confortablement pendant une semaine. Une transition entre les deux existe rarement.
Quelles roues portent, et où elles s’arrêtent elles aussi
Ce sont les pneus qui décident des dix premiers mètres. Les roues étroites en plastique dur, celles que l’on monte sous les poussettes de voyage, s’enfoncent dans le sable meuble et se bloquent. De grandes roues gonflables répartissent le même poids sur une surface plus grande et continuent d’avancer. Continuer ne veut pas dire partout.
C’est aux Grandes Playas, au sud de Corralejo, que cela se voit le mieux. La FV-1 longe le parc naturel des dunes mobiles, les voitures stationnent dans les élargissements de l’accotement, et entre cet accotement et l’eau s’étend un sable de quartz très fin – quelques mètres à certains endroits, tout un cordon dunaire à d’autres. Il n’y a pas ici de parking avec un accès aménagé, mais dix kilomètres de côte avec une poignée de points équipés.
Près de Costa Calma, la même chose se présente à l’envers : le célèbre lagon de la Playa de Sotavento se forme derrière un banc de sable, et le chemin qui y mène est du sable mou et mouillé. Vers Cofete, en revanche, aucun accès aménagé ne conduit nulle part, puisque rien n’y a été construit. Pour ces trois endroits, pour les sentiers de l’Isla de Lobos et pour le centre ancien de Betancuria, un porte-bébé est un bagage plus honnête qu’une seconde paire de roues.
Les passerelles en bois des communes
Sur certaines plages, une poussette arrive tout de même presque jusqu’à l’eau, et cela se joue sur du bois. Ces pasarelas n’ont pas été posées pour les poussettes mais pour les fauteuils roulants, et c’est précisément pour cette raison qu’elles portent.
Le Cabildo a annoncé en juin 2024 l’achat de telles passerelles, avec des fauteuils amphibies, des béquilles aquatiques et des déambulateurs, financé par le plan touristique « Fuerte por Naturaleza ». Cinq communes y figurent. À La Oliva, il s’agit des Grandes Playas et d’El Cotillo ; à Antigua, de Pozo Negro et des deux anses de Caleta de Fuste, La Caleta et La Guirra. Pájara est représentée par Morro Jable, Puerto del Rosario par la Playa Blanca, et dans le sud Tuineje revient quatre fois : Ginijinamar, Tarajalejo, Las Playitas, Gran Tarajal.
La Oliva avait déjà fait poser en 2020 environ un kilomètre de passerelle en bois, pour 55 000 euros, aux Grandes Playas, à la Playa de El Moro à Corralejo et pour la Playa de la Concha à El Cotillo. Une partie du matériel a été mise en réserve, de l’aveu même de la commune, afin de remplacer les sections cassées. Une commune ne peut guère parler plus franchement du bois face à l’Atlantique.
Pájara détaille les équipements de ses plages primées une par une : quatre passerelles d’accès avec rampe à la Playa del Matorral, et une pour Morro Jable comme pour Costa Calma. Les deux cheminements plus longs qui traversent la zone humide salée protégée du Matorral ont été remis en état durant l’été 2024, l’air salin et les années les ayant rendus friables par endroits. Ce que cette plage offre par ailleurs aux enfants est rassemblé dans le texte sur les plages pour enfants.
Deux réserves vont avec tout cela. Une passerelle s’arrête sur le sable devant l’eau et non dans l’eau ; les derniers mètres, vous les faites sans elle. Et ce qui est posé une saison sera peut-être posé autrement la suivante : des tronçons sont démontés, remplacés, prolongés, ou bien, après une tempête, tout simplement pas. Ce qui compte, c’est l’état que vous constatez vous-même la veille.
Où l’on peut vraiment pousser
L’Avenida Marítima de Corralejo longe l’eau sur plus de deux kilomètres et constitue le tronçon où une poussette gêne le moins. Des travaux sont toutefois en cours : l’administration touristique des Canaries a annoncé en 2025 un cheminement piéton accessible entre les rues Poseidón et Churruca, 1,7 million d’euros et huit mois de chantier, auxquels s’ajoutent 1,3 million pour la réfection de l’Avenida Juan Carlos I sur douze mois. Qui dit chantier dit déviations par-dessus les bordures.
Caleta de Fuste est l’adresse la plus plate de l’île. La localité a été bâtie d’un bloc autour d’une baie, la promenade mesure environ un kilomètre, et derrière elle s’alignent commerces et hôtels sans dénivelé notable. Charmante, elle ne l’est pas. Avec une poussette, c’est le moindre effort que l’on puisse trouver ici.
À Morro Jable, l’Avenida del Saladar suit la côte avec une piste cyclable, sur plus de trois kilomètres sans interruption à Jandía. Costa Calma a reçu en 2024, à l’intérieur de la localité, un nouveau cheminement de plus de 4 000 mètres carrés, avec bande cyclable, bancs et zones ombragées, tandis que pour descendre à la plage il existe, selon la commune, exactement une passerelle d’accès avec rampe.
Le chiffre le plus précis vient de Puerto del Rosario. Le prolongement de l’Avenida Marítima vers la Playa Blanca mesure 1 483 mètres, le cheminement piéton environ six mètres de large, la pente reste inférieure à six pour cent, et les accès aux différentes criques sont réalisés avec des rampes et des escaliers. Une indication aussi précise ne se trouve nulle part ailleurs sur l’île.
Betancuria et les autres centres anciens
Betancuria, l’ancienne capitale au cœur des montagnes, est le contre-exemple. Le centre est piéton, la voiture reste sur les aires signalées en périphérie, et de là une rue pavée monte vers la place de l’église Santa María. Pente et gros pavés ensemble, cela donne des secousses, et un enfant censé dormir dans la poussette n’y dormira pas. Le centre ancien de Corralejo pose le même problème à plus petite échelle, avec ses ruelles pavées étroites entre les boutiques. Il s’agit de courtes distances, et dans les deux cas un porte-bébé règle l’affaire en dix minutes. Ce qu’il y a d’autre à voir à Betancuria figure dans le texte sur que faire sur l’île.
Excursions : quelle question compte pour quel véhicule
Il n’est écrit ici d’aucune sortie qu’elle accepte une poussette. Aucune des offres présentées ne dit quoi que ce soit à ce sujet, ni dans le descriptif ni dans les informations complémentaires. Ce que vous obtenez, c’est la question à poser en amont, et elle change selon le véhicule.
Deux bateaux différents desservent l’Isla de Lobos : un ferry au départ de Corralejo à 17 €, et un bateau rapide à 16 € pour une traversée d’environ quinze minutes ; les deux figurent parmi les excursions vers Lobos. Interrogez le prestataire sur l’embarquement, sur une place pour la poussette pliée et sur la possibilité d’un retour plus tard ou plus tôt. Avec un catamaran à 79 € pour quatre heures, il est question du même espace de rangement et de la manière dont on monte à bord. Le safari en jeep vers Cofete à 65 € pour trois heures et les sorties en buggy et quad à partir de 60 € ajoutent la question du véhicule de ramassage, car certaines excursions commencent par une navette et se terminent en un autre point.
La réponse vient du prestataire, par écrit, avant la réservation. Un article de voyage ne peut pas la donner, et celui qui la donne quand même fait en sorte que quelqu’un se retrouve sur le ponton avec une poussette, à regarder partir les autres. Pour la question qui précède, celle de savoir à partir de quand une sortie a du sens, il existe un texte à part sur l’âge minimum en bateau.
Sur Lobos même, la poussette n’aide de toute façon guère. Pour y poser le pied, il faut une autorisation, gratuite et établie à un nom ; le nombre de visiteurs est plafonné par créneau horaire, et personne n’a le droit de quitter les sentiers balisés. Ces sentiers sont larges et sans forte montée, mais sableux par endroits, et rien n’est asphalté sur l’îlot. Les quotas et les conditions sont ajustés, vérifiez-les donc peu avant le départ.
Quand la poussette reste à la maison
Si les vacances se résument à la plage, aux dunes et aux excursions, et si le logement se trouve dans une localité sans promenade, votre propre poussette n’est qu’un lest qui a pris l’avion. Plusieurs loueurs travaillent sur l’île et livrent des poussettes au logement ou à l’aéroport, puis viennent les reprendre.
Si la poussette part avec vous, c’est la compagnie aérienne qui décide, pas l’aéroport. Le transport gratuit jusqu’à la porte de l’avion est courant, mais l’endroit où vous la récupérez varie : à la porte, sur le tapis des bagages hors format, ou, en cas de correspondance, seulement à destination finale. Quatre sociétés d’assistance en escale travaillent côte à côte à Puerto del Rosario, et celle qui traite votre vol dépend de la compagnie. Posez la question au comptoir, avant de remettre la poussette.
Le dernier point, c’est le vent. Un parasol ouvert sur la poignée et une housse de pluie augmentent tous deux la surface sur laquelle l’alizé appuie, et le sable fin trouve les roulements et les fermetures éclair tout seul. Pourquoi ce vent n’est pas ici un événement météorologique mais l’état normal, le texte sur le vent, l’ombre et les distances l’explique ; comment répartir une journée entre plusieurs âges, cela figure dans le panorama familial.